
Acouphènes et stress, quel lien ?
Si vous êtes ici, c’est que vous entendez probablement des bourdonnements, des tintements, des chuintements ou encore un bruit de cigales. Ces sons, perçus sans qu’aucune source sonore extérieure ne soit présente, sont appelés acouphènes. Selon l’enquête JNA–Ipsos (2014), près d’un Français sur quatre en souffre.
Mais, saviez-vous que le stress joue un rôle important dans l’apparition et l’aggravation des acouphènes ?
En effet, de nombreuses recherches montrent aujourd’hui qu’il existe un lien étroit entre les acouphènes et le stress. Lorsqu’il devient chronique, le stress peut amplifier la perception des bruits parasites et rendre leur présence beaucoup plus difficile à supporter.
Dans cet article, nous allons donc comprendre le lien entre les acouphènes et le stress, mais aussi découvrir comment une meilleure gestion du stress peut contribuer à soulager ces symptômes parfois très invalidants.
Les acouphènes : qu’est-ce que c’est?
L’Association francophone des équipes pluridisciplinaires en acouphénologie (AFREPA) définit l’acouphène comme :
» une sensation auditive sans stimulation sonore extérieure ni signification, mais identifiable par ses caractères sensoriels : localisation, intensité, fréquence et timbre. »
Autrement dit, l’acouphène traduit un dysfonctionnement du système auditif et/ou d’autres structures pouvant interférer avec lui. Sous l’effet de processus cognitifs ou émotionnels, il peut être vécu comme une expérience particulièrement désagréable, avec un retentissement important sur la qualité de vie. C’est pourquoi sa prise en charge fait souvent appel à plusieurs professionnels de santé.

Si vous souhaitez aller plus loin, je vous invite à lire cet autre article.
Par ailleurs, les acouphènes ne concernent pas uniquement les adultes. Les enfants et les adolescents peuvent également être touchés par ce symptôme auditif. De plus, le stress, souvent considéré comme le mal du XXIᵉ siècle, constitue un facteur susceptible d’aggraver leur perception.
Voyons maintenant ce que l’on entend exactement par stress.
Et le stress alors, c’est quoi ?
L’Agence Européenne de Santé Sécurité au Travail définit le stress comme :
« un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ».
Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de bon ou de mauvais stress. Le stress est avant tout une réaction normale de notre organisme destinée à nous permettre de nous adapter à une situation.
Ainsi, on parle de stress aigu lorsqu’il survient ponctuellement face à une situation imprévue, à une menace ou à une incertitude. Cette réaction est généralement de courte durée et disparaît une fois l’événement passé.
En revanche, lorsque les situations stressantes se répètent ou s’installent dans le temps, le stress devient chronique. L’organisme reste alors en état d’alerte permanent et s’épuise progressivement. En effet, une production excessive et prolongée de cortisol entraîne de nombreux effets néfastes sur l’ensemble du corps.
Quelles sont les conséquences du stress sur l’organisme ?
Lorsqu’un événement est interprété comme une source de stress, l’information est traitée par plusieurs structures cérébrales. En réponse, le cerveau déclenche la libération de neurotransmetteurs et d’hormones du stress, qui activent différents systèmes de l’organisme. Cette réaction biologique a pour objectif de préparer le corps à réagir efficacement face à une menace ou à un défi.
La représentation de ces stimulus atteignent différentes zones de notre cerveau.
En revanche, lorsque l’exposition au stress devient prolongée ou répétée, l’organisme s’épuise progressivement. Cette surcharge peut alors avoir des conséquences sur de nombreux systèmes de l’organisme, notamment :
🧠 Système nerveux sympathique :
Tout d’abord, notre système nerveux sympathique prépare l’organisme, en cas de stress ou d’urgence, à fuir ou combattre. Il déclenche la libération d’adrénaline et de cortisol. Ces hormones de stress augmentent la fréquence cardiaque, la pression artérielle et la vigilance. Une exposition prolongée au stress épuise le système nerveux et entraîne des troubles du sommeil, de la concentration et de l’humeur.
💙Appareil cardiovasculaire :
Ensuite, le stress chronique contribue au développement de maladies cardiovasculaires. L’augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle associée au stress exerce une pression excessive sur le cœur et les vaisseaux sanguins. Le stress peut également provoquer une vasoconstriction, c’est-à-dire un rétrécissement des vaisseaux sanguins situés dans la région de l’oreille. Cette réaction pourrait contribuer, chez certaines personnes, à la perception de sons parasites.
💪Système musculo-squelettique :
De plus, le stress occasionne des tensions au niveau du cou, des épaules, de la mâchoire, du dos et d’autres parties du corps que nous avons tendance à contracter inconsciemment. La tension de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) peut affecter les muscles de l’oreille moyenne et influencer la perception des sons. Une tension excessive dans ces muscles peut aggraver les symptômes d’acouphènes et causer des douleurs ou des sensations d’oreille bouchée.
🧏♂️Cortex auditif :
Selon les recherches actuelles, les cellules ciliées endommagées pourraient être à l’origine d’un signal nerveux anormal. Chez une personne stressée, ce signal serait moins bien filtré par le cortex auditif, ce qui favoriserait la perception des sifflements ou des bourdonnements.
Acouphène et stress, quel lien ?
Aujourd’hui, des études démontrent qu’il existe une corrélation entre le stress et les acouphènes.
Plusieurs études mettent en évidence une association entre le stress et les acouphènes. De nombreuses personnes rapportent que leurs acouphènes apparaissent ou s’intensifient lors de périodes de stress important. En effet, le stress aggrave les symptômes d’acouphènes existants et en déclenche même de nouveaux.
Les personnes souffrant d’acouphènes rapportent souvent une augmentation de l’intensité des bruits perçus lorsqu’elles sont soumises à des situations stressantes. Le stress peut déclencher ou aggraver les acouphènes et les acouphènes peuvent générer beaucoup de stress. Les acouphènes et le stress entretiennent ainsi un véritable cercle vicieux. Le stress accentue les acouphènes, tandis que les acouphènes génèrent à leur tour davantage de stress. C’est un peu comme le paradoxe de la poule et de l’œuf : il devient difficile de savoir lequel est apparu en premier.
Dans les cas les plus sévères, l’acouphène est très invalidant. Il est constamment perceptible avec un retentissement sur le sommeil et les activités quotidiennes.

Heureusement, il est possible d’agir sur le stress et sur l’acouphène subjectif.
Ainsi, en prenant en charge le symptôme avec un traitement adapté et un accompagnement spécifique, vous pouvez retrouver une meilleure qualité de vie.
Que faire pour prévenir le stress et atténuer les acouphènes ?
Heureusement, plusieurs approches permettent d’agir à la fois sur le stress et sur la perception des acouphènes.
Voici quelques stratégies qui peuvent être utiles :
a) Pratiquer des activités relaxantes :
Tout d’abord, des techniques de relaxation comme la méditation, la respiration profonde, le yoga ou le tai-chi aident à réduire le stress et à apaiser les acouphènes.
b) Se livrer à une activité physique :
Ensuite, l’exercice régulier est bénéfique pour la gestion du stress. Il aide à libérer des endorphines, les hormones du bien-être, qui peuvent améliorer l’humeur et réduire l’anxiété liée aux acouphènes.
c) Suivre une thérapie comportementale et cognitive (TCC) :
Par ailleurs, les thérapies comportementales et cognitives sont des traitements psychologiques initialement indiquées dans le traitement de la dépression et de l’anxiété. Cette thérapie s’utilise pour diminuer les symptômes dépressifs associés aux acouphènes et améliorer la qualité de vie des patient-e-s qui en souffrent.
d) Consulter un (e) psychologue :
Dans certains cas, consulter un-e psychologue aide à comprendre l’intensité et la fréquence de la réaction au stress. De plus, parler de ses sentiments et de ses préoccupations, exprimer ses émotions avec un-e thérapeute ou un groupe de soutien peut être utile pour réduire le stress lié aux acouphènes.
e) Programmer des séances d’hypnose, d’acupuncture ou de sophrologie :
Ces thérapies complémentaires aident à prévenir et gérer le stress. Enfin, en sophrologie ou en hypnose, vous apprendrez des techniques anti-stress pour diminuer l’angoisse, la fatigue, la nervosité afin de retrouver une meilleure qualité de vie au quotidien. En tant référente du Pôle sophrologie et acouphènes, j’utilise un protocole spécifiquement adapté aux acouphènes qui se concentre autour de 4 axes.

En résumé, nous avons vu que le stress et les acouphènes entretiennent une relation étroite. Plus le stress augmente, plus les acouphènes peuvent devenir envahissants. À l’inverse, apprendre à mieux gérer son stress permet souvent d’en diminuer l’impact au quotidien.
En complément d’un suivi médical, la sophrologie spécialisée peut vous aider à mieux comprendre votre réaction au stress, à diminuer la charge émotionnelle liée aux acouphènes et à retrouver progressivement une meilleure qualité de vie.
N’attendez donc pas que les symptômes s’installent durablement : une prise en charge précoce favorise généralement une meilleure adaptation et une amélioration de la qualité de vie. Vous pouvez me contacter pour obtenir des informations à ce sujet.



